L\'Emir Abd el Kader

L’Emir Abdelkader Homme de tous les temps

Histoire

Un colloque lui est consacré du 25 au 28 du mois en cours

L’Emir Abdelkader Homme de tous les temps

 
Publié le 22 février 2012

Il consolide l’état, bâtit des villes fortifiées, fonde des ateliers militaires, soumet les rebelles et les collaborateurs. Il organise l’état national, constitue le gouvernement, désigne les Khalifas pour administrer les provinces, mobilise les combattants, crée une armée régulière

Personnalité ayant marqué de son empreinte le dix neuvième siècle, la renommée de l’Emir Abdelkader Ibn Mehiédine dépassa les frontières du temps et de la géographie pour s’imposer au niveau universel grâce à ses qualités de leader et de stratège militaire de la résistance nationale, de penseur, de poète doué, et de précurseur et initiateur du dialogue des cultures.UNIVERSELDans ce sillage, le dernier colloque inscrit dans le cadre de la manifestation « Tlemcen, capitale de la culture islamique » intitulé « Abdelkader : Homme de tous les temps » sera une occasion, du 25 au 28 février, d’évoquer le parcours du fondateur de l’Etat algérien. C’est ainsi qu’il est difficile à une quelconque nation d’enfanter un homme de la trempe de l’Emir. Car il s’agit d’un homme dont le monde reconnaît la grandeur d’esprit et l’immensité de l’œuvre. Non seulement ses concitoyens algériens et avec eux leurs coreligionnaires musulmans, mais de France aux Etats-Unis, de Russie au Vatican et du Viêtnam au Venezuela ; ceux des peuples les plus divers et des nations les plus éloignées ont fait de lui le héros des combats pour la justice et la liberté où il se révèle tour à tour poète ou stratège, guerrier ou pacifiste, soufi ou philosophe, ascète anachorète ou amoureux des femmes, modèle de foi ou homme d’Etat, soldat ou apôtre de la paix, incarnant formidablement le prototype de l’Homme Universel. Unissant en soi les contrastes, l’Emir se présente, comme un logogriphe indéchiffrable, à la fois doux et farouche, dont la vie résume toute l’expérience humaine. Cet homme qui fût l’infatigable combattant, plus de quinze années durant, contre le colonialisme de la première moitié du XIXe siècle, mobilisant les tribus contre une armée innombrable de plus de cent mille hommes suréquipée et se distinguant par une férocité sans nom. Après avoir ratifié, en souverain un traité, immédiatement renié par l’autre partie, il est transporté de Ghazaouet à Toulon, de Toulon à Pau, de Pau à Amboise, d’Amboise à Brousse, de Brousse à Damas. Les objectifs de cette rencontre de Tlemcen visent à faire connaître le legs intellectuel, humaniste et politique de l’Emir Abdelkader, d’inculquer les valeurs d’humanisme et de dialogue dont s’était imprégné l’Emir et instaurer des référents historiques et culturels pour la société algérienne, de réaliser une édition scientifique de l’œuvre de l’émir, et surtout d’œuvrer à la traduction des écrits de l’Emir dans d’autres langues, afin de promouvoir l’inter culturalité et le dialogue entre les civilisations. Qui est Abdelkader ? La complexité du personnage, les tourments du XIXe siècle colonial, l’étendue de la pensée de cet homme, l’importance de ses actes, son implication dans l’Histoire du monde, la place qui lui était réservée, ainsi que les différentes phases de la genèse d’un Etat algérien moderne auquel Abdelkader s’est consacré avec dévouement et renoncement …sont les principaux axes qui seront abordé lors de ce colloque international qui verra la participation de nombreux chercheurs issus de plusieurs pays arabes et européens.UN FIN STRATÈGE MILITAIREDans l’esprit de beaucoup d’Algériens, l’homme, symbole de « l’Etat nation » est reconnu pour sa bravoure, son sacrifice, et pour sa stratégie militaire ce qui n’est pas peu de choses. Il est rare, en revanche, qu’on ne prête pas à cet homme des idées de fondateur d’un Etat moderne (administration, impôt, monnaie nationale, justice, etc.) Un chef d’Etat de génie, poète de surcroît, à peine sorti de l’adolescence, qu’il se trouve par le jeu de l’histoire et de la trame divine placé à la tête d’un pays prospère mais aux prises avec une armée française plus forte militairement. Mystique extatique, rattaché à l’école doctrinale et à la lignée initiatique d’Ibn Arabi, l’Emir Abdelkader s’est imposé, pendant son exil à Damas où il mourut en 1883, comme l’un des maîtres spirituels majeurs du soufisme contemporain. Toute sa vie, il étudie et développe sa culture. Proclamé émir en 1832, après le départ du Dey d’Alger, il fonde un Etat qui couvre les deux tiers du territoire algérien, puis, succédant à son père, il reprend le flambeau de la « guerre sainte » contre la colonisation française. Vaincu en 1843, il se réfugie au Maroc où il continue la lutte avec l’appui du sultan jusqu’à la victoire française d’Isly, en 1844. Après trois ans de combats sporadiques, Abdelkader se rend au général Lamorcière. Emprisonné en France pendant cinq ans, il est libéré par Napoléon III et se retire en Turquie puis en Syrie, où il se consacre aux études religieuses. En 1860, lors des émeutes antichrétiennes de Damas, il sauve plusieurs milliers de Maronites. Mais selon sa volonté, il se tiendra à l’écart de tout engagement politique à la fin de sa vie. Lors de cette rencontre qui durera trois jours, des conférenciers, à l’image de Djalila Dechache de l’Institut des cultures d’islam - Paris – parlera des apports humains et culturels de l’Emir Abdelkader. Sa conférence abordera la vie, l’oeuvre et le parcours de l’Emir Abdelkader l’Algérien « … Il est à la fois aisé et difficile. C’est qu’il ne faut rien tronquer de cette vie exceptionnelle, riche en événements, déterminante du point de vue historique, remarquable du point de vue humain avec le sens de l’innovation et de l’accession aux droits pour les étrangers, savant sur l’art du cheval, détenteur d’une connaissance encyclopédique, une démarche poétique et philosophique sans comparaison, orateur et pratiquant abondamment l’art épistolaire. Difficile parce que l’homme et la démarche, sous couvert d’accès facile, sont subtils, profonds, à plusieurs niveaux de l’exotérique à l’ésotérique, en correspondance avec des étapes, des stations et des étages de compréhension et de connaissance. Tout cela avec un sens aigu de la simplicité et de l’accueil de l’autre. Il y a beaucoup à comprendre et à apprendre de l’Emir Abdelkader l’Algérien. ABDELKADER L’ALGÉRIENEn premier lieu de faire connaissance avec sa vie, son œuvre, son parcours, sa famille, l’Algérie de son époque et la France qui ne l’a pas épargné. En effet cette conférencière montrera que chaque phase de la vie de l’Emir est riche en enseignement et en culture, qu’il nous faut connaître aujourd’hui et demain, pour nous, et en transmettre sans cesse les contours et les contenus. Pour que cette vie qui palpite au fond de nous de l’Emir Abdelkader l’Algérien, devienne lumière, guidance et partage. Pour sa part, Mohamed Akli Faradji de l’université de Bejaïa, donnera une conférence intitulée « La stratégie du changement selon la vision de l’Emir Abdelkader ». Le conférencier fera une étude sociologique de l’histoire de vie de l’émir Abdelkader et de sa personnalité, qui peut apporter beaucoup d’enseignements et de réponses à plusieurs questions d’ordre politique et stratégique. « Parmi les grandes réflexions, qu’on peut aborder aujourd’hui, la question du changement, selon l’expérience politique et militaire vécue dans un contexte de plusieurs années de lutte, qui ont marqué de plein fouet, l’histoire de l’Algérie pendant la période coloniale. Cette grande implication politico-militaire de l’acteur historique en question, peut constituer également une source d’infinies lectures dans le domaine des sciences humaines et sociales. » Cette intervention n’est autre qu’une lecture sociologique des grandes variables du changement selon l’expérience et la vision de l’émir Abdelkader. De nombreuses autres conférences seront données lors de cette dernière rencontre, à savoir « L’imaginaire littéraire et son exercice sur l’histoire : le cas de l’Emir » de Waciny Laaredj (France) ; « L’imam Chamil et l’émir Abdelkader dans la mémoire historique musulmane et postcoloniale » par Vladimir Bobrovnikov (Moscou) ; « L’Emir Abdelkader et le jihad » par Sadek Bala Université de Bejaïa  ; « L’émir Abdelkader demande à Fès une consultation sur le jihâd » par Abdelalim Medjaoui (Université d’Alger)

Mohamed Medjahdi



30/05/2012
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