L\'Emir Abd el Kader

EMPRUNTS ARABES EN FRANÇAIS

 

 

 

MASARYKOVA UNIVERZITA
PEDAGOGICKÁ FAKULTA
Katedra francouzského jazyka a literatury
EMPRUNTS ARABES EN FRANÇAIS

 Brno 2007

Vypracovala:
Jana Řehořová

 

Remerciement
Je voudrais remercier Madame Pavla Kellnerová, professeur au Département
de Français de la Faculté de Pédagogie de l’Université Masaryk, d’avoir accepté mon
sujet et de m’avoir guidé pendant mon travail. Ses conseils et ses suggestions
m’aidèrent à rédiger ce mémoire.

 

 

LES SCIENCES ARABES
Au Moyen Âge, la médecine et l’alchimie arabes dominent le monde
occidental. Les emprunts les plus nombreux viennent de cette époque grâce à un Anglais, Adélard de Bath, qui traduisit les textes arabes en latin. Ces traductions datent du XIe siècle.
Des centres de traduction ont été fondés après la reconquête de Tolède en
1085, ensuite aussi dans les villes en Italie (Salerne, Crémone ou Tivoli). À cause de ces traductions, le monde occidental peut connaître les mots arabes.
Les Arabes, les précurseurs de la science moderne, excellent en
mathématiques, en médecine, en alchimie, en botanique et en zoologie. Beaucoup de relations intellectuelles et économiques se traduisent par de nombreux apports linguistiques parmi trois langues : le latin médiéval, l’italien pratiqué dans les ports de Gênes et de Venise de commerce et l’espagnol. Avec le déclin de l’Empire Arabe au XIVe siècle, les contributions linguistiques se diminuent.

Flore et faune
Abricot, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt direct (XVIe siècle) à l’arabe – ‘al barqûq.
Les Grecs ont appelé ce fruit armeniakon « fruit d’Arménie », parce que l’Arménie
était sa provenance immédiate. Les Latins ont appelé la pruna armeniana (« prune
d’Aménie ») aussi par praecoquum – « le fruit précoce », ensuite ce mot a été adopté
en grec tardif. Ce mot passé en arabe al barqûq ; al est l’article et barqûq signifie
le grec praikokion, qui a été adapté dans la péninsule Ibérique (le mot espagnol
albaricoque).
Artichaut, nom masculin
Ce mot est un emprunt de la Rennaissance (1538) à l’italien, transmettant en l’occurence un mot d’origine arabe, al-kharshōf. La forme parlée lombarde articcioco qui se diffère du toscan carciofo venant de l’espagnol alcarchofa, emprunt
à l’arabe al haršūf, où le toscan a éliminé l’article et conservé le f final.

Azerole, nom féminin
C’est un emprunt à l’ancien espagnol azarolla (1365), en espagnol acerola, cerola
empruntant à l’arabe ‘az-za’rŵa.
Le mot désigne un fruit jaune ou rouge, ressemblant à une petite pomme.
Baobab, nom masculin
Les formes bahobab (1592), puis baobab (1762) sont les emprunts à l’arabe būhībāb
« fruit aux nombreuses graines ».
Bardot, nom masculin
Le mot est emprunté de même que le mot italien bardotto « mulet » et l’espagnol
albarda « bât » à l’arabe barda’a (→barda) par l’intermédiaire du provençal bardo.
Le mot désigne un petit moulet, produit de l’accouplement du cheval et de l’ânesse.
Bourrache, nom féminin
Ce mot vient du latin médiéval borago, borrago, attesté depuis le XIe siècle. Il est
probablement emprunté à l’arabe ‘abû ‘araq « père de la sueur ».
Le mot désigne « plante des lieux incultes, à fleurs bleues et dont les feuilles sont
utilisées en tisane sudorifique et diurétique ».
Cubèbe, nom masculin
Il vient du mot arabe kebâba. C’est un arbuste voisin du poivrier, dont les fruits contiennent un principe médicinal.
Épinard, nom masculin
C’est un emprunt, sous les formes espinace, espinarde, espinar, épinart, par l’intermédiaire du latin médiéval spinarchia, spinargia, à l’arabe d’Andalousie
ïsbināh, arabe orientale ‘asfanāh, ïsfināh, îsfanāh, lui-même emprunté au persan ispanāg.
Épinard désigne une plante potagère aux feuilles vertes, introduite en Espagne par
les Arabes qui l’utilisaient comme médicament.

Estragon, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe tarkhoun.
Gazelle, nom féminin
C’est un emprunt, sous plusiers formes : gacele, puis gasele (1298) et gazel, à l’arabe classique ăazāl.
Le mot désigne un mammifère d’Afrique et d’Asie.
Gerboise, nom masculin
Il est emprunté d’abord sous les formes ierbuah (1655), gerbo (1712), au latin des naturalistes gerboa, lui-même emprunté à l’arabe ğarbū.
Le mot désigne un petit mammifère rongeur, vivant dans les déserts d’Afrique, d’Amérique et d’Asie.
Girafe, nom féminin
Le mot est emprunté à l’italien giraffa, lui-même emprunté à l’arabe zarāfa qui a passé à l’ancien français sous les formes giras et orafle (fin XIIIe siècle).
Ha(s)chi(s)ch, nom masculin
Il vient de l’arabe hašiš « herbe, foin » et « chanvre indien ». La graphie haschīsch est attestée en 1773.
Henné, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe hinna’ « henné », par l’intermédiaire du latin médiéval henne (XIIIe siècle).
Le mot désigne une plante nommée par les botanistes lawsonia.
Ketmie, nom féminin
Il s’agit de l’emprunt à l’arabe hatmi « arbre d’Afrique ».
Lilas, nom masculin
C’est un emprunt, sous plusieurs formes : lilac (espagnol), lilaz (portugais) au mot
arabo-persan lilāk.

Méharie, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe d’Afrique du Nord mahrī, au pluriel mahārā. Le mot désigne « la tribu de Mahra, dans le sud de l’Arabie ». En français, le mot s’est écrit différemment : el mahri (1637), meihari (1753), meherry (1822) avant de se stabiliser en méhari (1849).
Le mot désigne un dromadaire très rapide, utilisé par l’armée coloniale
Nafé, nom masculin (1844)
Il est emprunté à l’arabe nafi’ « fruit de ketmie qui entre dans la composition de certains remèdes ».
Pastèque, nom féminin
Il s’agit d’une altération d’abord graphique, puis phonétique. Le mot est emprunté avec altération à l’arabe battiha ou bottiha « melon d’eau ».
Safran, nom masculin
Il est emprunté au latin médiéval safranum, lui-même pris à l’arabe zafarān.
Safran désigne, comme son étymon, une plante dont les stigmates sont utilisés pour leurs propriétés aromatiques et colorantes.
Séné, nom masculin
Le mot est emprunté au latin médiéval sene, qui reprend l’arabe sanā’. Le mot désigne un arbrisseau du Moyen-Orient dont les feuilles étaient utilisées en médecine pour leur purgative.
Soude, nom féminin
Il est emprunté à l’arabe suwayd, suwwād « soude », nom d’une plante utilisée en médecine pour combattre la migraine et dont les cendres produisent la soude, mot de la racine s-w-d « noir ». Cette plante fut exportée en grandes quantités vers la Sicile ; c’est par cette voie que le nom fut introduit dans toutes les langues européennes :
italien, espagnol, portugais.

Sumac, nom masculin
Il est emprunté à l’arabe summāq, nom d’une plante connue depuis l’Antiquité pour ses propriétés médicinales.

 Chimie et médecine
Alambic, nom masculin
Le mot arabe ‘al ‘anbïq fournissant l’espagnol alambique et l’italien lambisco, a été emprunté au grec tardif ambix.
Ce mot témoigne de la diffusion de l’alchimie arabe en Europe.
Alcali, nom masculin, Il s’agit d’un emprunt du moyen français à l’arabe ‘al qaly - « la soude ». Ensuite, il passe en latin médiéval comme alkali (1215).
Alchimie, nom féminin
L’origine du mot vient du mot arabe ‘al kīmiyā’ désignant la pierre philosophale et passé au XIIIe siècle à l’espagnol et au catalan (1296). Les formes françaises
alkimie(1275), alchimie, arkemie, archimie ont été procédées par le latin médiéval
alcheimia. (→ chimie)
Alcool, nom masculin
Sous la forme alcohol, le mot a été attesté au XVIe siècle. Il a été emprunté au latin moderne alcohol, lui-même emprunté à l’arabe ‘al kuhl « la poudre d’antimoine ». Kuhl devient kohl et ensuite khōl.
Le mot devient usuel au début du XVIe siècle avec beaucoup de dérivés
(alcooholique, alcoolisé, alcoolisme). Il s’emploie pour « boisson alcoolisée ».
Nous pouvons suivre deux directions de l’évolution : en chimie et en technique.
Amalgame, nom masculin
Ce mot vient de l’arabe ‘aman « sécurité », d’où « pardon octroi de la vie sauve ».

Antimoine, nom masculin
Il est emprunté au latin médiéval antimonium à l’origine arabe ‘iŃmid, peut-être lié au grec stimmi, stibi « antimoine en poudre ». Antimonium désignait un produit utilisé
en alchimie ; soit le sulfure d’antimoine, soit d’autres composés du corps simple définis beaucoup plus tard par la chimie moderne.
Benjoin, nom masculin
Les formes benjuym (1479) et benioin (1538) sont empruntées au catalan benjuī. Ce dernier emprunt vient de l’arabe lubān-gāwi « encens de Java ». Il existe aussi la forme bengin de même origine arabe venant en France par l’intermédiaire du portugais et de l’italien.
Camphre, nom masculin
Il est emprunté au latin médiéval camphora, attesté depuis le IX e siècle sous la forme non nasalisée cafora. Le mot est emprunté à l’arabe kāfūr, avec un déplacement de l’accent sur la première syllabe.
Le mot désigne la substance extraite du camphrier, utilisée notamment comme antimie et en médecine comme antispasmodique et énergétique. Par extension, il est employé à propos d’une substance extraite de divers végétaux, ayant des propriétés analogues, et il a servi en argot à désigner l’eau-de-vie (1876).
Dourine, nom féminin
Le mot est un emprunt à l’arabe darin « croûteux ».
Goudron, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe d’Égypte qatrān. Le mot désigne d’abord une substance visqueuse obtenue par distillation. Par extension, il désigne un revêtement routier (XXe siècle).
Kalium, nom masculin (1842) Il est venu de l’arabe qali.

 


Mazout, nom masculin
D’abord mazou (1899), puis mazout (1902), il est venu de la langue russe de même
sens mazut. Il est emprunté à l’arabe mahzūlāt « restes, résidus, déchets ».Cependant, il existe en russe dialectal mazutina « tache, tache de graisse », issu du russe mazajt « graisser, enduire ». Ce mot russe est passé en anglais (1924, mazout et mazut).
Nuque, nom féminin
Le mot est emprunté, sous la forme nuche (1314), puis nuque (1377), au latin médiéval nucha « moelle épinière », emprunté à l’arabe nuhh « moelle » par le médecin Constantin l’Africain qui enseigna à la fameuse école de Salerne.
Réalgar, nom masculin
D’abord riagal (1300), puis realgar (fin XVe siècle) en outre réalgal au XVIIe siècle,
est une adaptation avec déformation de l’arabe rahă al-āar, littéralement « poudre de caverne », employé chez les Arabes du Magreb pour désigner l’arsenic, parce que cette matière était tirée des mines d’argent. Le mot rahă al-āar est une erreur de lecture pour rahă al-far « poudre des rats ». Il est difficile de déterminer quelle langue est servie d’intermédiaire vers le français. Peut être il s’agit de l’espagnol,l’ancien provençal ou l’italien.
Le mot est l’ancien nom du sulfure rouge d’arsenic.
Talc, nom masculin
Il est emprunté à l’arabe talq, nom d’un silicate naturel de magnésium. Le mot arabe a été emprunté par l’espagnol talco, l’italien talco (1544), le portugais talco.

Mathématiques
Algèbre, nom masculin
L’origine du mot est venue de l’arabe ‘al ğabr « la réduction ». Elle a été utilisée d’abord à la technique chirurgicale propre à remettre les membres démis, puis à la réduction des calculs, à une forme « contrainte », utilisant les chiffres aujourd’hui appelé arabes.

Algorithme, nom masculin
Le mot d’abord désigne l’arithmétique élémentaire et ses règles. Il s’est spécialisé au XIXe siècle au sens de « suite de règles opératoires explicites ».Les formes augorisme puis algorisme (XIIIe siècle) viennent de l’ancien espagnol algorismo, alors que la forme moderne calque le latin médiéval algorithmus, altération sous l’influence de arithmetica du nom du mathématicien arabe.
Alidade, nom féminin
L’expression est empruntée à l’arabe ‘al ‘idāda’ « compteur ».
Chiffre, nom masculin
D’abord écrit chiffre (1220), il est un emprunt, par le latin médiéval cifra « zéro », à l’arabe sifr « vide », puis « zéro », calque du sanskrit sūnya de même sens. Le mot fait partie de la série de grandes notions mathématiques qui sont passées par l’arabe.
Le passage de l’initiale latine c- à ch- s’expliquerait (plutôt que par l’influence de l’italien cifra) par le picard, les villes industrielles du Nord ayant été les premières à adopter le système numérique arabe.
Zéro, nom masculin
Il a été emprunté à l’italien zero, contraction de zefiro qui représente une
transcription de l’arabe sifr « vide ».

Cadre naturel et artificiel
Bled, nom masculin Il s’agit d’un emprunt des troupes françaises en Afrique du Nord à l’arabe d’Alger,bald correspondant l’arabe classique bilād « terrain, contrée, pays ».
Chergui, nom masculin
Il est emprunté à l’arabe marocain chargī « vent d’est ». Il désigne le vent chaud et sec qui souffle du sud-est.

Djébel, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe jbel « montagne, chaîne de montagne ».
Erg, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt d’abord au pluriel areg puis au singulier erg, à l’arabe ‘irg, au pluriel a’rāq « dune mouvante ».
Gour, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe gara qui indique des fragments de plateau isolé par l’érosion éolienne, formant butte.
Hamada, nom féminin (1880)
Le mot est d’origine arabe qui signifie rocheux des régions désertiques.
Mousson, nom féminin
Elle vient par emprunt du portugais monçāo ou mouçāo (début du XVIe siècle), emprunt à l’arabe mawsim « saison », d’où « fête qui a lieu à époque fixe », « saison de pèlerinage à La Mecque ». Le nom est tiré du verbe wasama « marquer, désigner ». Chez les marins arabes « saison des vents favorables à la navigation vers l’Inde sur l’océan Indien ».
Aujourd’hui, le mot désigne un vent saisonnier soufflant six mois dans une direction, six mois dans l’autre, responsable d’importants changements climatiques.
Oued, nom masculin (1874)
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe wād. Le mot désigne une rivière d’Afrique du Nord, cours d’eau temporaire dans les régions arides.
Reg, nom masculin Il est emprunté à l’arabe (1923) ruqq « désert rocheux d’où les parties fines ont été enlevées par les vent ». Le mot n’a rien à voir avec erg.
Sebka ou sebkha, nom féminin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe sabkah. Le mot désigne un lac d’eau salée.

Simoun, nom masculin
C’est un emprunt, d’abord écrit simoon (1791), puis francisé d’après la prononciation anglaise en simoun (1842), lui-même emprunté à l’arabe samūn, dérivé de samma « empoisonner ». Le français avait samun (1777) par emprunt direct à l’arabe.
Le mot désigne un vent violent, très chaud et sec, qui souffle sur les régions désertiques du Sahara, de l’Arabie.
Siroco, nom masculin
Il est attesté au XVIe siècle sous sa forme actuelle (1599), est connu depuis le XIIIe siècle, écrit soloc, scilocque (1474), siroc, siroch, enfin siroco. Les dernières formes sont empruntées à l’italien scirocco, lui-même pris à l’arabe sārūq « lever du soleil »,
de l’arabe classique sārqi « de l’est, oriental ».
Zénith, nom masculin
Le mot vient d’une mauvaise lecture de zemī, transcription dans l’alphabet latin de l’arabe samī « chemin », surtout employé dans l’expression samī ra’s « chemin (au-dessus) de la tête ».
Le mot désigne le point de la sphère céleste situé sur la verticale ascendante d’un observateur.

SOCIÉTÉ ARABE
L’arabe devient très tôt la langue de la culture, souvent étroitement lié
avec les critères ethniques et religieux de la société (bédouin). Autrement dit, cette société est strictement liée avec la religion, l’Islam, qui se reflète aussi à l’architecture (minaret). Les connaissances de la culture arabe passent à l’Occident grâce aux traductions en latin et en langues romanes. Les emprunts arabes en français désignant la société arabe présentent les gens et leurs professions (camelot) ou les outils et objets de la réalité quotidienne(gabelle). Cette société reconnaît la valeur de la famille (smala) et de la maison, pour cette raison beaucoup d’expressions viennent de ce domaine (sofa). Par ailleurs, beaucoup d’emprunts concernant l’allimentation viennent de l’arabe.

Commerce
Aval, nom masculin
L’hypotèse concernant d’un emprunt à l’italien avallo ou à l’arabe hawālā « lettre de change, mandat » fait problème, parce que le mot italien semble récent et pourrait être lui-même pris au français et la date de aval en français rend peu probable un emprunt à l’arabe. Peut-être, il s’agit d’un abrègement graphique de à valoir.
Civette, nom féminin
Elle est empruntée par l’intermédiaire du catalan civetta « substance odorante sécrétée par les glandes d’un animal d’Afrique ou de l’Inde » à l’arabe zabād. Il s’agit de l’abréviation de qatta az-zabād « chat à civette ».Le mot s’est répandu comme le nom de la substance odorante qui était longtemps l’objet d’un commerce avec l’Inde et l’Afrique par l’intermédiaire de Venise et d’Alexandrie.
Chouia, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe maghrébin chouya « un peu ».

Fardeau, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt de l’arabe fārdāh « démi-charge d’un chameau », d’où « balle, paquet ».
Flouse, nom masculin
C’est un emprunt à l’arabe maghrébin flûs, arabe classique fuls « l’argent », pluriel de fals, fīls, nom d’une ancienne monnaie arabe.
Magasin, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe mahāzin, pluriel de mahzan « entrepôt » ; soit par l’intermédiaire de l’italien magazzino, soit par le provençal magazenum (1228).
Avant 1615, magasin désigne un lieu destiné à la vente des marchandises. Il se distingue de boutique qui indique un lieu de vente en gros. Dès le XVIIIe siècle,la distinction n’est pas toujours respectée.
Quintal, aux, nom masculin
La forme quintar, attestée aux XIIIe et XIVe siècles, est probablement un emprunt direct à l’arabe.
Le mot désigne d’abord « poids de cent livres », puis « poids de cent kilogrammes ».
Rame, nom féminin
Il s’agit d’une modification de rayme (XIVe siècle), raime (1358 - 1359), remme (1451), reyme (1489), empruntant à l’espagnol et au catalan, lui-même repris de l’arabe razma variante de rizma « paquet de hardes », dérivé razama « mettre en paquet ».
Sequin, nom masculin
Il est attesté après plusieurs variantes : chequin (1540), essequin (fin XIVe siècle). C’est une adaptation du mot vénitien zecchino emprunté à l’arabe sīkkī « pièce de monnaie ».
Souk, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe sūq « marché ».
Souk désigne spécialement un marché couvert qui, dans les pays d’islam, réunit boutiques et ateliers dans un dédale de rues.
Tare, nom féminin
Le mot est emprunté, par l’intermédiaire de l’ancien provençal tara (seulement attesté en 1375) ou de l’italien, à l’arabe tarha « poids des emballages », substantif verbal de taraha « enlever, ôter ». Le mot appartient au même domaine que magasin, autre emprunt commercial à l’arabe par le provençal, est passé en catalan,en espagnol et en portugais sous la forme tara (XVe siècle), ainsi qu’en italien (XVe siècle, tara).
Tarif, nom masculin
Il est emprunté, par l’intermédiaire de l’italien tariffa, à l’arabe ta’rifa
« notification ». Le mot arabe est passé aussi en catalan, en espagnol et en portugais sous forme tarifa.

Gens et leurs professions
Almée, nom féminin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe parlé ‘ālm, de l’arabe classique ‘ālima’ « celle qui est experte (à la danse) ». Le mot indique en français une danseuse orientale, notamment égyptienne.
Arbi, nom masculin
Il est issu de l’arabe arabi « arabe ». Il désigne un indigène d’Afrique du Nord.
Assassin, nom masculin
Le mot apparaît au XVIe siècle dans le sens de « tueur à gages ». C’est un emprunt à l’italien assassino ou assessino. Des formes plus anciennes sont fréquentes en latin médiéval, et dans la plupart des langues romanes, notamment occitan et français
(assacis, assassis, hassassis,...), pour désigner les membres d’une secte ismaélienne
(shi’ite) de Syrie et figurément un séide capable de tuer pour son maître.

En français, cet emprunt a de nombreuses formes : assasin, assacin, halsasin,hassissin, haquassin, harsasis. Le mot qui était expliqué par l’arabe hassa « mettre en pièce », a été considéré comme un dérivé de l’arabe hašīš : la forme haššāš a pluriel haššāšin « fumeur de haschisch ». Cette origine du mot pourrait céder la place au substantif ‘asas « patrouille », ‘assās « gardien » (pluriel ‘assāsīn).
Bédouin/ine, nom et adjectif
Les formes : bedoîns, puis besdouyn, bédouin sont empruntées à l’arabe badawin, pluriel badowîy « habitant du désert », dérivé de badw « désert ».
Cadi, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe (al) qādi, participe actif substantivé de qadā « décider, juger ».
Le mot désigne « magistrat musulman qui remplit des fonctions civiles, judiciaires et religieuses ».
Cador, nom masculin
Il est venu de l’arabe gaddour « chef » ou de ca (bot) et Mé (dor).
Calife, nom masculin
Les formes califfe et calif sont empruntées à l’arabe halifa « souverain musulman succédant à Mahomet », autrement dit, « successeur » dérivé de halafa « succéder à ».
Cafard, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe kāfir « incroyant », qui a pris le sens « converti à une autre religion, c’est-à-dire, non musulman », d’où « faux dévot ». Kāfir est le participe présent substantivé de kafara « être incroyant ». La finale –ar a été
assimilée au suffixe –ard à valeur péjorative.
Caïd, nom masculin
D’abord caïte, caïd sont empruntés de l’arabe qā’id « commandant, chef ». Il s’agit du participe actif substantivé de qadā « conduire, gouverner ». L’ancien français a eu la forme auquaise venue de l’ancien espagnol alcaide « commandant d’une forteresse » (1140) et la variante alcayaz, empruntée à l’arabe avec l’article.
Caïdat « division territoriale sous l’autorité d’un caïd».
Cheik(h), nom masculin
Ce mot est emprunté à l’arabe šayh « veillard », il indique un homme âgé respecté pour son savoir philosophique et religieux. Le mot est introduit en français sous les formes isolées seik (1309), schet (1568), cheque (1598). Depuis XVIIe siècle, la graphie varie entre cheik (1631), cheick (1798) et enfin cheikh (1838).
Émir, nom masculin
Le mot vient de l’arabe ‘āmir « prince, commandant » qui a par ailleurs donné amiral.
Émir est d’abord utilisé au sens de « chef de province », ensuite le mot s’emploie comme un titre des descendants de Mahomet, en particulier pour désigner le chef du monde musulman au début de l’hégire.
Fakir, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe faqīr « pauvre ». L’ancien français connaissait le mot foqui « homme versé dans la connaissance de la loi divine », qui vient d’un autre mot arabe faqīh, mais dont le souvenir a pu interférer avec le nouvel emprunt.
Fanfaron/onne, adjectif et nom
Il s’agit d’n emprunt à l’espagnol fanfarrón, formation onomatopéique, comme l’arabe farfār « bavard, léger ».
Le mot se dit d’une personne qui se vante de sa bavure, réelle ou supposée.
Fatma, nom féminin (1900)
Le mot est venu du nom arabe Fatima, Fatma est le nom de la fille de Mahomet. Les Européens disent toujours « fatma » à une femme musulmane.

Fellaga ou fellagha, nom masculin
C’est un emprunt à l’arabe maghrébin fellāga, pluriel de fellāg qui désigne des bandits de grand chemin. Fellāg vient de l’arabe classique fallāq « pourfendeur ».
Le mot, repris vers 1954, désigne les partisants de l’indépendance algérienne soulevés contre la France. Le mot, sous sens péjoratif, a été déformé en fellouze par l’argot militaire français.
Genet, nom masculin
Ce mot est venu de l’arabe zinātā, nom d’une tribu berbère connue pour sa cavalerie légère. Il vient au vocabulaire français par l’intermédiaire d’espagnol.
Iman, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe imām « guide ». Aujourd’hui, le mot désigne le chef de prière dans une mosquée.
Mamelouk ou mameluk, nom masculin
Il est emprunté, après des formes altérées (mamelon, 1195 ; mamelu, 1432) à l’arabe d’Égypte mamluk « celui qui est possédé ».
Ce mot désigne le membre d’une ancienne milice turque fournissant les gardes du corps du sultan et devenue toute puissante en Égypte. Au figuré, mamelouk s’est dit d’un partisan zélé et fanatique. Ce sens a disparu.
Marabout, nom masculin
Le mot vient du portugais maraboto (1552), marabuto (1558), lui-même emprunté à l’arabe murābiṭ (merābut dans la prononciation vulgaire à cause du ṭ emphatique).
Le mot arabe indique à l’origine un homme vivant dans un ribāṭ, couvent fortifié situé aux frontières de l’empire pour défendre contre les infidèles. Ensuite, murābiṭ designe un homme pieux, un saint et par métonymie son manteau.
Moudjahiddin, nom masculin
Il est un emprunt à l’arabe moudjahidīn (1903), pluriel de moudjahid « combattant de la guerre sainte ».

Mudéjar, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe mudayyan « pratiquant », venu au vocabulaire français par l’intermédiaire espagnol (mudejar).
Le mot désigne le musulmane d’Espagne devenu sujet des chrétiens après la reconquête.
Musulman, ane, adjectif et nom
Le mot est adapté sous la forme Montssoliman (1551), puis mussulman (1553) et musulman (1562), est emprunté directement ou par l’intermédiaire du turc müslüman, au persan musulmān ou musliman (nom masculin au pluriel). Lui-même est repris à l’arabe muslīm. L’arabe muslīm est le participe actif du verbe aslama « se confier, se soumettre, se résigneré ».
Naban, nom masculin
Il est emprunté d’abord sous la forme nauabo (1614), puis par le canal du portugais nababo. Ce mot est emprunté à l’arabe nuwwāb, pluriel de nā’ib « lieutnant, viceroi », participe actif de nāba « prendre la place de (qqn), emplacer, représenter ».
En français, nabab est employé pour désigner le titre donné en Inde musulmane aux grands officiers des sultans et gouverneurs des provinces. Au XIIIe siècle, il s’est dit également d’un Européen qui avait fait fortune aux Indes (1777).
De nabab, est dérivé Nababie (nom féminin) « territoire gouverné par un nabab ».
Raïs ou reis, nom masculin
Il restitue le turc reis « chef, président, capitaine », lui-même epmrunté à l’arabe ra’îs.
Roumi, nom masculin
Il vient de l’arabe . C’est le nom que les Autochtones donnent aux Eouropéens chrétiens. Il semble que le terme soit très ancien et chargé de haine religieuse.
Smala, nom féminin
Il est emprunté à l’arabe d’Algérie zmālah « famille », en arabe classique zamāla « réunion de tentes autour de celle d’un chef ».

Smala désigne la réunion de tentes qui abritait la famille et les équipages d’un chef arabe. Le mot se dit par analogie pour « famille nombreuse ».
Sarrasin, ine, adjectif et nom.Il est issu du bas latin Sarracenus, singulier de Sarraceni, nom d’un peuple de l’Arabie. Le latin vient de l’arabe šaraiyyīn, pluriel du šarqī « oriental », mais cette hypothèse est controversée.
Sultan, nom masculin
Il s’est substitué par réemprunt au turc (1540) à l’ancien français souldan (1180 -1220), soldain, puis soudan. Comme les formes anciennes de l’italien soldano, de l’espagnol soldan, celles de l’ancien français sont empruntées à l’époque des croisades à l’arabe sultān « pouvoir royale » et « souverain ».
Le mot emprunte le sens de l’arabe, encore au XVIIIe siècle, pour désigner le titre donné au souverain d’Égypte.
Taliban, nom masculin
Il s’agit d’un mot afghan emprunté à l’arabe taleb où ce mot désigne l’étudiant,spécialement l’étudiant en théologie.
Maintenant, ce mot est utilisé pour désigner le membre d’un mouvement islamiste militaire afghan.
Toubib, nom masculin
Il est un emprunt à l’arabe d’Algérie tabīb « médecin, savant habile ».
Toubib est apparu au milieu du XIXe siècle dans le contexte de l’armée coloniale d’Algérie, à propos d’un médecin militaire.

 


Objets de la vie quotidienne
Almanach, nom masculin
Almanach vient du latin médiéval almanach. Il s’agit de la transcription romaine d’un mot arabe ‘al manāh « calendrier ».
Amalgame, nom masculin
Ce mot vient de l’arabe ‘aman « sécurité », d’où « pardon octroi de la vie sauve ».
Avanie, nom féminin
C’est un emprunt à l’italien avania qui a été emprunté au grec médiéval abania « calomnie, délation » provenant de l’arabe hawān « traitre ».
En français, le sens figuré « humiliation » est attesté en 1713 et il est devenu le seul en usage. La valeur d’originaire est oubliée
Baraka, nom masculin
Le mot est l’origine arabe qui désigne « bénédiction, faveur du ciel ». Ce mot est utilisé dans un contexte arabe et aussi comme un équivalent familier de « chance » (avoir la baraka).
Bésef ou bézef, adverbe
C’est un emprunt à l’arabe bezzaf, familièrement « beaucoup » (surtout en emploi négatif – par exemple il n’en a pas bésef).
Dahir, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe, « décret du roi du Maroc ».
Darse, nom féminin
Le mot vient de l’arabe dār-sinâ’a « maison de travail ».
Djinn, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe ginn « démons », pluriel collectif de ginni.
Le mot désigne, dans le Coran et les légendes musulmanes, un être intelligent, généralement malfaisant qui peut apparaître sous différentes formes.
Douar, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe maghrébin doûâr. Il désigne une agglomération de tentes disposées en cercle, que les Arabes nomades installent temporairement.

Fanal/aux, nom masculin
Il est emprunté à l’italien fanale « feu placé au sommet d’une tour », en marine, du grec byzantin phanarion « lanterne » (ou de l’arabe fanār qui en provient), du grec classique phanos « lanterne ». Le mot s’est écrit phanars (1369), fanar (1372) et
phanal (1548, Rabelais). L’hésitation entre le r et le l finaux marque les sources.
Gabelle, nom féminin
Il s’agit d’un emprunt à l’italien gabella « des impôts » probablement emprunté par l’Andalousie à l’arabe qabāla avec le même sens.
Harem, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe haram « chose interdite et sacrée ».
Hégire, nom féminin
C’est un emprunt à l’arabe hiğra « la fuite (de Mahomet) » par l’intermédiaire de l’italien hegire.
Houka, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe huqqa « pipe à résevoir ».
Jarre, nom féminin
Jarrre est emprunté à l’arabe ğarra « grande vase de terre ». Elle désigne un vase en poterie. Par analogie de forme, il a pris le sens technique de « cloche de verre, de cristal, dont on forme les batteries électriques ».
Kief, nom masculin
C’est un emprunt à l’arabe kef « aise, état de béatitude ». Le mot désigne le repos absolu au milieu du jour.
Kif-kif, adjectif
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe algérien kif « comme », redoublé à valeur intensive.
Le mot est passé par l’argot de l’armée d’Algérie. Il correspond familièrement à « pareil, semblable ». Il est souvent simplifié en kif et substantivé : c’est du kif (1914) « c’est la même chose ».
Madrague, nom féminin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe au provençal madraga, repris à l’hispano-arabe madrāba (XIVe siècle), à l’arabe mādraba « lieu, endroit où l’on frappe ».
Le mot a été repris dans le cadre de la pêche au thon en Méditerranée.
Mafia ou maffia, nom féminin
L’origine du mot est obscure et controversée. On a invoqué un vieux terme toscan, maffia « misère », mais l’orthographe maffia n’est pas d’usage sicilien. On a évoqué une origine arabe, soit un mot signifiant « vantard », soit une expression signifiant « protection des faibles ».
Le développement sémantique du mot cause que la mafia est devenue un terme pour une société secrète protégeant les intérêts économiques liés à la structure sicilienne, puis une association criminelle internationale passée aux États-Unis avec l’immigration sicilienne.
Masser, verbe
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe massa « toucher, palper ». L’art du massage est d’origine orientale.
Matraque, nom féminin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe maghrébin matraq, à l’arabe classique mītraq « bâton dont se servant les Bédouins pour conduire leurs chameaux".
Mesquin, ine, adjectif
C’est un emprunt (1604) soit à l’italien meschino « qui manqe de grandeur
proprement « pauvre », soit à l’espagnol mezquino « pauvre, indigent ». Tous les deux sont empruntés à l’arabe miskīn « pauvre ».

 


Momie, nom féminin
Le mot est emprunté d’abord sous la forme aberrante mommie, au latin médiéval mum(m)ia « substance extraite des corps embaumés utilisée comme drogue médicinale », emprunt à l’arabe mūmiyā « mélange de poix et de bitume, substance dont les Égyptiens se servaient pour embaumer leurs morts », de mūm « cire ».
Momie, dont la forme actuelle n’est attestée que depuis 1563 après mommie (XIIIe
siècle) et mummie (XVe siècle), a disparu en ce sens, dont il reste une trace en arts, la momie, dite baume de momie, entrant comme pigment dans la préparation de peintures de palette, encore au XIXe siècle.
Par un nouvel emprunt à l’arabe mūmiyā’ « cadavre embaumé », il a pris son sens actuel en parlant des momies de l’Ancienne Égypte et, par extension, d’un cadavre
desséché et embaumé (1690).
Mortaise, nom féminin
Le mot est emprunté à l’espagnol de même sens mortaia, lui-même emprunté à l’arabe murtazza, participe passé de razza « introduire une chose ».
Le mot est un terme technique désignant une entaille faite dans une pièce de bois ou de métal pour recevoir le tenon d’une autre pièce.
Mousson, nom féminin
Le mot vient par emprunt (mouçones, monçondans une traduction du néerlandais) du portugais monçāo, emprunt à l’arabe mawsīm « saison », d’où « fête qui a lieu à époque fixe », « saison de pèlerinage à La Mecque » et chez les marins arabes « saison des vents favorables à la navigation vers l’Inde sur l’océan Indien ». Le mot
est tiré du verbe arabe wasama « marquer, désigner ».
Noria, nom féminin
Le mot est emprunté à l’espagnol noria qui désigne une machine hydraulique servant à irriguer. Lui-même emprunté à l’arabe nā’ūra, dérivé de na’ara « gronder ».
Noria désigne un système d’irrigation et un monte-charge à godets (1858).

Raquette, nom féminin
Le mot est emprunté à l’arabe dialectal rahet, en classique rahat « paume de la main ». L’espagnol et le portugais raqueta, l’italien rachetta ont la même origine.
Rock, nom masculin
Le mot vient, sous formes : roc (1653), ruc (1298), de l’arabe rokh. Il désigne un oiseau fabuleux des légendes orientales, d’une force et d’une taille prodigieuse.
Safari, nom masculin
Le mot est emprunté (XXe siècle) au swahili safari signifiant « bon voyage », issu de l’arabe safara « voyager ».
Sacre, nom masculin
Il vient du mot arabe çaqr. Le mot désigne le faucon utilisant à la chasse.
Salamalec, nom masculin
Il est emprunté à l’arabe as-salām ‘alayk, une salutation signifiant « paix sur toi ». Le mot est employé à partir du XVIIe siècle avec une conotation péjorative et n’a conservé que le sens familier.
Sébile, nom féminin
Le mot est attesté en 1417. Sébile est un mot d’origine incertaine, peut-être empruntée à l’arabe sabīl « aumōne ».
Sébile désigne une petite coupe en bois utilisée par les mendiants pour recueillir les aumônes.

 Religion
Un certain nombre de noms de fêtes religieuses sont bien connus des
Européens parce qu’elles donnent lieu à des réjouissances publiques. Nous pouvons
citer :
Le Mouloud, qui vient de l’arabe mulud, est le jour de la nativité du Prophète.

Ayatollah, nom masculin
Le nom est un emprunt à un substantif arabe composant de ‘āyāt-, pluriel de ‘āya qui symbolise un signe miraculeux, et de nom divin ‘allah. Cette expression s’est répandue en 1978, lorsque le dignitaire shiite iranien (ayatollah) Khomeini déclencha la révolution qui mit fin au régime du shah.
Charia, nom féminin
Il s’agit d’un mot d’origine arabe qui désigne une loi canonique islamique.
Coran, nom masculin
Il vient de l’arabe qur’ān « lecture ». Le mot est dérivé d’un verbe qaea’a signifiant « lire, réciter ». Le moyen français a connu la forme alchoran et alcoran, où al présentais l’article arabe. La suppression de al-, le XVIIe siècle, a introduit la forme moderne koran (1657) puis coran.
Hadjdj, nom masculin
Le mot est issu de l’arabe hādjdjī « pèleringe ».
Mollah, nom masculin
Il est emprunté (1605) à l’arabe maul, maulā « maître, seigneur », mot également passé en turc (molla) et en persan (mullā) et derivé de waliya « administrer, gouverner ». Le mot s’est acclimaté sous diverses formes : meulane, mola, mullat (1653) et mollah (1670).
Mudéjar, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe mudayyan « pratiquant », venu au vocabulaire français par l’intermédiaire de l’espagnol mudejar.
Le mot désigne le musulmane d’Espagne devenu sujet des chrétiens après
la reconquête.
Muezzin, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe mo’adhdhin « qui appelle à la prière ».
Mufti, nom masculin
Sous formes : muphti (1559), mofti (1546), le mot vient de l’arabe moufti « juge ».
Le mot désigne un théoricien ou un interprète du droit canonique musulman.
Uléma, nom masculin
Le mot vient de l’arabe oulamā, le pluriel d’âlim « savant ». Le mot montre le docteur de la loi, le théologien musulman.

Alimentation
Alkermès, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe al-qirmiz qui vient au vocabulaire français par l’intermédiaire espagnol alkermes. Le mot désigne le liqueur à base de canelle et de girofle, avec addition d’aromates divers, colorée en rouge au kermès animal
Arak, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe araq (at-tamr) « vin (de palme) ».
Boutargue, nom masculin (ou poutargue, nom féminin)
La forme actuelle boutargue vient du provençal boutargo, également poutargo.
Ces formes sont empruntées à l’arabe butārih.
Le mot désigne un mets provençal composé d’oeuf de mulet pressés, salés séchés au soleil ou fumés.
Café, nom masculin
Le mot est emprunté au turc qahwe, repris à l’arabe qahwa qui désigne la boisson, à l’origine « liqueur apéritive ».
Carafe, nom féminin
Le mot est peut-être emprunté à l’arabe du Magrheb qarafa « bouteille très ventrue, pot à boire ».
Le mot, employé au figuré dans l’expression vieille Carafe, est attesté depuis 1642 au sens propre.

Caroube, nom féminin
D’abord quarobe (1195), puis caroube (1512), est emprunté au latin médiéval carubia, lui-même emprunté à l’arabe karrûba « fruit comestible d’une espèce d’arbre méditerranéen ».
Le mot désigne la gousse longue et épaisse à pulpe comestible du caroubier, utilisée pour remplacer le cacao dans certaines recettes diététiques et comme stabilisant dans
la préparation des glaces.
Couscous, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe d’Afrique du Nord kuskus ou kuskusū, le mot qui désigne la graine de blé dur étuvée ou la semoule.
Par métonymie, un plat dont la base est constituée par cette semoule.
Curcuma, nom masculin
Il est emprunté, de même que l’espagnol cūrcuma, à l’arabe kūrhū « safran ».
Harissa, nom masculin (1930)
Il est venu de l’arabe harasa « piler ». Il désigne un poudre de pimente utilisée comme un assaisonnement (dans la cuisine maghrébin).
Limon, nom masculin
Il vient du mot arabo-persan limûn « citron ».
Massepain, nom masculin
Il vient du mot arabe martaban désignant le petit gâteau fait d’amandes pilées, de sucre et de blancs d’oeufs.
Mazagran, nom masculin
Le mot est issu de Mazagran, nom d’un village d’Algérie. Du 4 au 6 février 1840, les Français sous le commandement du capitaine Lelièvre y ont soutenu un siège contre douze milles Algériens. L’idée, outre l’intention de célébrer un fait d’armes,
est celle d’un « café bu à la va-vite, comme à Mazagran en 1840 ».
Le mot désigne d’abord un café chaud ou froid, parfois d’eau-de-vie et par
métonymie en récipient profond en forme de verre à pied pour boire le café.
Méchoui, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe maghrébin mešwī « rôti grillé », participe passé de šawā « rôtir, griller ».
Le mot indique un procédé de la cuisine arabe dont l’usage s’est répandu en Europe, avec la métonymie « réunion où l’on mange le méchoui ».
Merguez, nom féminin
C‘est un emprunt à l’arabe maghrébin mergāz, merkāza « saucisse » (XIXe siècle).
Le mot est connu en arabe d’Espagne sous les formes mirkās ou markās, merquiçalkanzir (mirkās alhanzīr) « boudin de porc », merauize « saucisse » (1505).
Moka, nom masculin
Il est tiré (1720) de Moka (arabe al-Muhā), nom d’une ville du Yémen, sur la mer Rouge, qui était aux XVIIe et XVIIIe siècles le port principal du pays et aussi un grand centre d’exportation du café.
Le mot a été introduit en français comme toponyme avant d’être employé comme nom commun (1762), elliptiquement pour café de Moka (1751). Il a donné son nom à la boisson obtenue avec les grains du café moka et à une liqueur à base de moka dénommée crème Moka (1823) puis crème de Moka (1852), ainsi qu’à un gâteau parfumé au café.
Raki, nom masculin (1827)
Il s’agit d’un mot arabe qui désigne une liqueur d’Orient, eau-de-vie parfumée à l’anis.
Sorbet, nom masculin
Il est emprunté à l’italien sorbetto, lui-même emprunté à l’arabe dialectal šurbā « boisson », arabe classique šarāb (→sirop).
Tamarin, nom masculin
Il est emprunté à l’arabe tamar hindi « datte d’Inde ». Le mot désigne le fruit du tamarinier.
Taboulé, nom masculin
Le mot ne se répand que dans les années 1970, reprend par emprunt un mot arabe tabūla signifiant « relevé avec des condiments ».
Le mot désigne une préparation propre aux cuisines libanaises et syriennes.


Musique
Derbouka, nom féminin
Le mot vient de l’arabe derbouka qui désigne le tambour arabe fait d’une peau tendue sur l’extrémité pansue d’un tuyau de terre cuite, plus de métal.
Luth, nom masculin
Le mot a été emprunté à l’arabe al’ūd, de l’article al et ’ūd « bois, luth », soit directement, soit par l’intermédiaire de l’ancien provençal lautz (fin XIIIe siècle) ou de l’ancien espagnol alod (1254).
Nouba, nom féminin (1897)
Le mot est emprunté à l’arabe maghrébin nūba correspondant à l’arabe classique nawba « tour de rôle », d’où « service de garde » et « corps de troupe faisant à tour de rôle son service », puis par métonymie, « concert de musique qui a lieu périodiquement devant la maison d’un officier ou d’un dignitaire », enfin « concert, fanfare orchestre ».
Rebab, rebec, noms masculins
Ils viennent du mot arabe rabâb. Le premier désigne un instrument de musique du monde arabe à une ou deux cordes, le deuxième désigne un instrument de musique à trois cordes.


Architecture
Adobe, nom masculin
Ce mot vient de l’espagnol adobe « brique d’argile » emprunté à l’arabe al-tûb.
Alcazar, nom masculin
Alcazar est un emprunt en architecture pris à l’arabe al qasr « la forteresse » (aussi ksar, ksour) par intermédiaire espagnol alcazar, issu du latin castrum « château fort ». Le mot désigne un palais fortifié des musulmans d’Espagne, ensuite utilisé comme nom propre pour ces lieux de plaisir décorés.
Fondouk, nom masculin
Il vient de l’arabe funduk « magasin ». Aujourd’hui, le fondouk est un type de construction en Afrique du Nord : c’est une suite de petits bâtiments s’ouvrant sur une cour rectangulaire et servant d’entrepôt, garage, écurie, atelier et même d’habitation pour le gardien, des gens de passage.
Gourbi, nom masculin
Le mot est venu de l’arabe algérien gurbi « maison de terre, chaumière ». Pendant la guerre 1914 – 1918, le mot gourbi et guitaune étaient synonymes dans le sens « d’abri de tranchée ». Aujourd’hui, le mot gourbi peut signifier « appartement moderne ».
Koubba, nom féminin
Le mot est emprunté, sous formes : cube (1568), cubee (1608), kubbe (1776), koubba, à l’arabe qubba « coupole » ; « édifice en forme de dôme ou surmonté d’un dôme ».
Krak, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe karak qui désigne un chateau fort établi au XIIe siècle par les croisés.

Minaret, nom masculin
Il est emprunté, par l’intermédiaire du turc, à l’arabe mamāra « phare, cadélabre », d’où « tour de mosquée » de nāra « luire, briller ».
Médine, nom féminin
Elle est empruntée à l’arabe madīna « ville ».
Mosquée, nom féminin
Il s’agit d’un emprunt à l’italien moscheta « temple du culte musulman »,
antérieurement meschita (XIIIe siècle) et meskita en latin médiéval. Celui-ci est emprunté à l’espagnol de même sens mezquita (1140). Le mot a été emprunté à l’époque de la première croisade à l’arabe masgid « lieu où l’on pose la tête en faisant la prière, endroit où l’on adore ».
Moucharabieh, nom masculin
Le mot vient de l’arabe machrabiya qui désigne, dans l’architecture arabe, le balcon fermé par un grillage.
Ogive, nom féminin
Le nom est attesté depuis 1260 (traité d’architecture de Villard de Honnecourt), surtout écrit augive en ancien français, est d’originaire incertaine. Il semble qu’il s’agisse d’un emprunt à l’espagnol algibe, aljibe « citerne », lui-même emprunté à l’arabe al-qubb de même sens.
Ogive désigne dès les premiers textes l’arc diagonal bandé sous une voûte en arc brisé qui se diffuse au XIIIe siècle et devient rapidement caractéristique d’un nouveau style qui reçoit le nom d’abord péjoratif de gothique. Le mot entre dans les syntagmes techniques croisée d’ogive et voûte d’ogive.


Équipement de la maison
Divan, nom masculin
Divan est emprunté par l’italien divan au turc divānā qui possède à la fois le sens de « conseil politique » et de « salle de conseil, garnie de coussins ». C’est en turc un emprunt au persan dīwān mot qui désigne un registre, une liste – sens emprunté par l’arabe au VIIe siècle.
Matelas, nom masculin
Il est emprunté, par l’intermédiaire de la langue « franque », à l’italien materasso « grand coussin pour garnir le lit ». Ce mot, attesté dès 1255 en latin médiéval à Venise (mataracius) puis à Bologne (1274, matarazum), est un emprunt à l’arabe maŃrah « tapis, coussin » de Ńaraha « jeter », parce que les Orientaux jettent tapis et coussin sur le sol pour s’asseoir ou se coucher.
Nadir, nom masculin
Il est emprunté à l’arabe nazīr, naīr « opposé, vis-à-vis », pris par ellipse de nazīr aššams « opposé au soleil ».
Le mot est un terme d’astronomie désignant le point de la sphère céleste opposée au zénith.
Ottoman, nom féminin
Le mot est l’emploi comme nom commun (1729) de Ottoman. Il est emprunté à l’arabe ‘utmānī (adjectif), dérivé du ‘utmān (nom propre du fondateur).
Sofa, nom masculin
Il est emprunté (1560, sopha, 1690, sofa) à l’arabe sūffāh.
Tasse, nom féminin
Le mot est emprunté à l’arabe tasa d’où viennent aussi l’ancien provençal tasse,l’italien et le portugais tazza et l’espagnol taza. Le mot est introduit à la faveur de l’importation de poteries orientales.

TERMES MILITAIRES
L’histoire arabe est liée, aussi comme les autres, avec l’expansion du
territoire, autrement dit, avec la guerre. Ce domaine est complété par les expressions de marin. Les deux parties enrichissent le vocabulaire français.

 

Guerre
Alcazaras, nom masculin
Ce mot est un emprunt à l’espagnol alcaraza (XVIe siècle), lui-même emprunté à l’arabe al karráz « la jarre ».
L’expression désigne, dans un contexte hispanique ou arabe, un vase de terre poreuse utilisé pour conserver les liquides au frais .
Algarade, nom féminin
Le mot algarade est un emprunt à l’espagnol dérivé d’algara « troupe qui attaque,bande armée », emprunt à l’arabe ‘al gārra’ « attaque à main armée ».
Le mot a été utilisé pour exprimer « combat simulé » (1530), puis « mouvement brusque » et ensuite (1548) « querelle, attaque verbale inattendue ».
Argousin, nom masculin
La forme argousin, puis argousin « surveillant des forçats, garde-chiourme » a une histoire complexe, qui témoigne de la circulation de certains termes au territoire méditerranéen du XIIIe au XVIe siècle.
Le mot est emprunt à l’arabe ‘al wazīr « le conseiller ». La source portugaise de argousin, algoz est aussi un emprunt à l’arabe, où ‘al ğuzz est le nom d’une tribu turque.
Arsenal, nom masculin
Il s’agit d’une forme tardive, succédant à deux séries de mots bien distincts :
tarsenal, tercenal, tersenal (employés jusqu’au XVIe siècle) et archenal,
arsenail(XVesiècle), arsenac aboutissant à la forme arsenal qui a éliminé les autres.

Ces formes viennent d’un emprunt à l’arabe dār (‘as-) san’a « maison
de construction, de fabrication », peut-être emprunt direct par les dialectes italiens qui ont assourdi le d arabe en t. Les formes sans t venant du vénitien ancien arzana.
On suppose que la fausse coupe di arzana en a résulté. Le suffixe –al est savant, utilisé au XVIIe siècle.
Dès le XVIIe siècle, arsenal est utilisé pour l’expression « dépôt d’armes ».
Barbacane, nom féminin
Il s’agit d’emprunt d’origine incertaine, peut-être à l’arabe dialectal b-al-baqára,  altération de l’arabe classique bāb-al-bāquara, « porte pour les vaches ». Peut-être, il s’agit d’un emprunt à l’arabe barbah-ėāneh « rempart ».
Barda, nom masculin, Barde, nom féminin
Il a été noté bardāa, puis adapté en barda empruntant à l’arabe barda’a. Cet emprunt a fait partie d’une série d’emprunts à l’arabe d’Algérie qui s’était répandue par des soldats français ayant servie en Afrique.
Le mot désigne un équipement du soldat.
Baroud, nom masculin
L’emprunt au dialecte berbère du sud du Maroc bārūd « poudre explosif ». Le mot a été introduit par la Légion étrangère.
Casbah, nom féminin
Une première fois alcassabe avec l’article arabe (1735), puis casauba (1830), venu de l’arabe classique, a été réemprunté sous la forma casbah, est emprunté à l’arabe maghrébin qăsbăh « forteresse ». Le dernier correspond à l ‘arabe classique qăsăbăh
dérivant du verbe qăsăbăh « couper, retrancher ». Le mot s’est installé
définitivement au vocabulaire français après la conquête de l’Algérie entre 1840 et 1870.
Clebs, nom masculin
D’abord cleb, puis clèbs, il s’agit de l’emprunt à l’arabe maghrébin klab (arabe classique kilāb), pluriel de kelb (arabe classique kalb) « chien ».

Le mot, introduit par les soldats d’Afrique et répandu dans l’usage familier, désigne un chien. Le sens de « caporal » (1914) est dérivé par paronymie de cabot « chien » et « caporal ».
Djihad, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe jihad « effort suprême ». Il signifie une guerre sainte menée pour propager et défendre l’islam.
Goum, nom masculin (1849)
C’est un emprunt à l’arabe qaum « troupe ». Le mot désigne un contingent militaire recruté en Afrique du Nord parmi la population indigène.
Guitaune, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe gētōn « tente ». Il est devenu un terme de la langue militaire officielle et figure sur les états régimentaires de l’Intendance où il désigne une tente de moyenne grandeur.
Harki, nom masculin
C’est un emprunt à l’arabe harka « mouvement ». Il s’agit d’un militaire indigène d’Afrique du Nord qui servait dans une milice supplétive aux côtés des Français.
Ksar, nom masculin (pluriel ksour)
Il vient du mot arabe qasr « place forte ». En Afrique du Nord, le mot est utilisé pour indiquer le lieu fortifié.
Razzia, nom féminin
Le mot est emprunté, adapté successivement en gaze (1725), gazia (1806), puis razia et razzia, à l’arabe algérien ğazya’, en classique ğazwa’ « expédition, incursion militaire ».

 

Expressions de marin
Amiral, nom masculin
Les plusieurs formes : amiralt (dans La Chanson de Roland, 1080), amirant, amirail et enfin amiral (XIII siècle) viennent de l’arabe ‘amīr.
Boutre, nom masculin
Il est un emprunt à l’arabe but « bateau à voile ». Le mot désigne un petit navire arabe à voile.
Calfater, verbe transitif
L’expression est empruntée à l’arabe qalata « rendre étache », indirectement attesté au IXe siècle par le substantif qalafât, surnom d’un poète cordouan du IXe siècle.
Le passage de ce mot s’est fait par l’intermédiaire d’une langue méditerranéenne : italien calafare, latin médiéval calafatus et provençal calafatar.
Le mot a été repris avec le sens du mot arabe en marine ; par extension il exprime le fait de fermer hermétiquement.
Cange, nom féminin
Le mot est un emprunt à l’arabe gandja « barque à voiles qui servait sur le Nil à transporter les voyageurs ».
Felouque, nom féminin
Le mot est emprunté à l’espagnol faluca du catalan faluca ou faluga. Faluca est une variante de falua qui est un emprunt à l’arabe falwa « pouliche » et par analogie « petit navire de charge ».
Jaseran ou jaseron, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe d’Algérie al djazaīr « chemise de mailles ».
Patache, nom féminin
Elle est empruntée, sous la forme modifiée patence, puis patache (1573), à l’espagnol pataje « navire, bateau de guerre léger ». Le mot espagnol est probablement emprunté à l’arabe batāē qui serait un emploi substantivé d’un adjectif
signifiant « rapide ».
Récif, nom masculin
Il est emprunté à l’espagnol arrecife « rocher, chaîne de rochers à fleur d’eau près des côtés », lui-même emprunté à l’arabe (ar)racif « chaussée, levée, digue ».
Le mot, introduit en français par les colons d’Amérique qui l’ont reçu des Espagnols, désigne un rocher ou un groupe de rochers à fleurs d’eau près des côtes.

 


L’HABILLEMENT
Ce domaine contient surtout les termes concernant les sortes
de vêtements, de matériaux et de couleurs qui viennent au vocabulaire français. Un grand nombre de Musulmans conservent encore leurs vêtements traditionnels, si originaux. Beaucoup de sortes de vêtements sont liés avec l’armée,
par exemple : burnous ou chéchia.

 


Vêtements et les matériaux
Basane, nom féminin
Le mot est l’origine arabe batāna « doublure », correspondant à l’arabe classique bitāna. Il a été attesté dans la seconde moitié du XIIIe siècle.
Burnous, nom masculin
Il est emprunté à l’arabe bournous « grand manteau de laine à capuchon et sans manche ».
Caban, nom masculin
Le mot vient en français par l’intermédiaire du provençal caban (1485) « manteau épais contre la pluie ». Il s’agit d’un emprunt à l’arabe qabā « tunique ». Le mot a obtenu l’adjonction du suffixe –anu analogie d’autres noms de manteaux (palandranu).
Camelot, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt, sous la forme camelos, à l’arabe hamlāt, pluriel de hamla « peluche de laine » avec substitution du suffixe –ot à la finel arabe –at.
Le mot désigne une étoffe faite originellement de poils de chameau, puis de poils de chèvre.

Chamarrer, verbe
Le nom est dérivé du substantif féminin chamarre. Ce mot désigne un ample vêtement porté aux XVe et XVIe siècles. Par extension, il désigne un ornement destiné à enrichir. Il est emprunté à l’arabe sammur.
Chamarrer est un verbe signifiant « rehausser d’ornements somptueux ».
Chéchia, nom féminin
Une première fois chachie (1575), puis chachia (1845), chéchia (1855) est emprunté à l’arabe šāšiyya. Le mot est attesté depuis Ibn Battūta et Les Milles et Une Nuits, désignant la calotte que l’on pose sur la tête et autour de laquelle on roule une pièce d’étoffe. Le mot est dérivé de šāš « pièce d’étoffe roulé autour de la calotte », lui-même introduit en français sous les formes seisse (1657), sesse (1676), puis chech (1918) et enfin chéche (nom masculin), tiré de l’ancien nom de la ville de Tachkent
où l’on fabriqueait de telles coiffures.
Coton, nom masculin
D’abord cotun, est emprunté à l’arabe qutun, de même sens
Djellaba, nom féminin
Le mot est emprunté, sous des formes variées : jilleba (1743), gélabia (1832), dgilabad (1836), djellăba, enfin djellaba et djellabah, au mot arabe du Maroc ăallāba, ăallābiyyad’où gelibīa en moyen français. Le mot arabe désigne à l’origine un vêtement porté par les ăallāb (marchands d’esclaves) et aussi le vêtement que ces marchands faisaient porter aux esclaves.
Fez, nom masculin
Il est tiré du nom de Fez (arabe Fās), ville de maroc où l’on fabriquait cette coiffure de laine rouge ou blanche.
Gandoura, nom féminin
Le mot est emprunté à l’arabe d’Algérie ganūra, à l’arabe classique qandūra. Les formes arcandore, arcandolle avaient été empruntées à l’arabe par l’intermédiaire de l’espagnol alcandora « sorte de chemise ». Le mot désigne une longue tunique sans manches.
Haïk, nom masculin
Il vient de l’arabe heyque « longue pièce d’étoffe rectangulaire ».
Hoqueton, nom masculin
Il s’agit d’un emprunt à l’arabe al-goton « coton ». Il désigne la veste de grosse toile que les hommes d’armes portaient sous le haubert.
Jupe, nom féminin
Elle est empruntée à l’arabe ğubba « veste de dessous ». Elle est venue en français par intermédiaire de l’italien jupa.
Keffieh, nom masculin
Le mot est emprunté à l’arabe kaffiyah, à l’arabe littéraire kuffiyah. Il désigne une coiffure des Bédoins, formée d’un carré de tissu plié en triangle et retenu par un lien.
Litham, nom masculin
Il est emprunté (1831) à l’arabe lithām « voile couvrant la partie inférieure
du visage », le mot est passé également en anglais dans la première moitié du XIXe siècle.
Mérinos, nom masculin
C’est un emprunt à l’espagnol merinos, masculin pluriel de l’adjectif merino qui sert à désigner une race de mouton à laine, également dans lana merina (1442). Le mot espagnol est d’origine obscure, peut-être à rapprocher de l’arabe merīnī, issu de Berbères nomades éleveurs de moutons. On a aussi proposé une dérivation du latin merinus, adjectif correspondant à merus « mouton de pure race », de l’adjectif merus
« pur, sans mélange ».


Moire, nom féminin
Il s’agit d’une adaptation (1639), selon la prononciation en usage à l’époque, de l’anglais mohair. Mohair, attesté en anglais depuis 1619, représente peut-être une altération, sous l’influence de hair « poil », mot germanique d’origine inconnue, du mot anglais mocayares (1570) qui désigne à l’origine le tissu en poil de chèvre angora. L’ancien anglais mocayares est lui-même un emprunt à l’italien mocajardo,
pris à l’arabe muhayyār « tissu en poil de chèvre ». Ce mot arabe, par l’intermédiaire de l’italien, avait aussi donné au français les formes moucacayar (1553), moucauard (1565), mocaiar, mocayar, moncaiar (1575) qui n’ont pas vécu, évincées par moire.
Mousseline, nom féminin
Le mot a été emprunté une première fois sous la forme mosulin (nom masculin) au sens de « brocat fabriqué à Mossoul ». Il était pris à l’italien mosolino « brocart d’or », emprunté à l’adjectif arabe mawsilī « originaire de al Mawsīl (Mossoul) ».
Le mot Mousseline a été emprunté une seconde fois (nom féminin) à l’italien mussolina « tissu, toile de coton ou de laine importée de Mossoul » (1629). Mousseline s’est implantée au XVIIe siècle comme nom d’une toile de coton très légère. Le mot développe quelques sens métaphoriques qui réalisent une idée de transparence diaphane, spécialement dans le domaine culinaire (une pâte composée de gomme adragante mêlée d’eau et de jus de citron).
Nacre, nom féminin
Les formes italiennes : naccaro, naccara, nacchara, nacchera sont empruntées à l’arabe naqqāra « substance à reflets irisés qui tapisse intérieurement la coquille de certains mollusques (burgau, mulette, huître), utilsée en bimbeloterie, marqueterie ».
Ouate, nom féminin
Le mot venu de l’arabe bata’in « fourrure de vêtements » par l’intermédiaire de l’italien ovatta. Le mot désigne soit la matière textile préparée pour garnir les doublures de vêtements, soit le coton préparé pour servir aux soins d’hygiène.

Saroual ou séroual, nom masculin
Il est emprunté sous plusieurs formes (séroual, 1887 ; serouel, sarouel, XX siècle) par le vocabulaire militaire à l’arabe sirwāl, désigné un pantalon large et flottant.
Satin, nom masculin
Il est emprunté, (1351, zatīn ; 1387, satin), sans doute par l’intermédiaire
de l’espagnol aceitunī (avec l’article arabe), setunī, à l’arabe Zaytūnī, proprement « de la ville de Zāyntūn », c’est-à-dire Tsia-Toung (en Chine) où on fabriquait des étoffes de satin.


Couleurs
Alezan/ane, adjectif et nom masculin
Il s’agit d’un hispanisme venu de l’arabe ‘az’ar « blond ardent, roux ». Il désigne le renard et le poil de couleur analogue de certains chevaux.
Ambre, nom masculin
L’origine du mot arabe ‘anbar passant au latin médiéval ambar. En français, le mot a des variantes comme aumbre ou lambre (XIIIe siècle).

 


 LA LANGUE DES CITÉS
Le grand nombre des cités doivent être considérées comme de ghettos
non seulement économiques ou culturels, mais aussi linguistiques.
Les gens des cités utilisent une langue française qu’ils tordent dans tous
les sens et dont ils modifient les mots en les coupant, les renversant ;
la déstructuration de la langue s’opère par introduction dans les énoncés de formes parasitaires, qui sont construites par divers procédés formels ou empruntées à d’autres dialectes et langues . Parmi les procédés qui enrichissent le vocabulaire des cités, on peut
citer :
· Des procédés sémantiques : l’emprunt à diverses langues ou l’utilisation
de mot issus du vieil argot français
· Des procédés formels : la déformation de type verlanesque, la troncation, etc.

Emprunts – mots d’origine arabe ou berbère
Les mots suivants d’origine arabe sont actuellement utilisé dans la langue
des cités :
Il faut mentionner l’utilisation du dictionnaire GOUDAILLER, J.-P. Comment tu tchatches !. Chaque mot ou locution comporte un certain nombre d’informations, qui sont fournies dans l’ordre suivant :
· Sens
· Nature grammaticale indiquée par les abréviation suivantes : v.i. verbe
intransitif, v.t. verbe transitif, n.f. nom féminin, n.m. nom masculin, sg. singulier, pl.
pluriel, inv. invariable, adj. adjectif, adv. adverbe, loc. locution, part. participe
· Étymologie et/ou morphologie
· Synonyme(s)
· Exemples
GOUDAILLER, J.-P. Comment tu tchatches!. Le Poiré-sur-Vie: Compo-Méca s.a., 2001. ISBN 2-
7068-1476-4, p. 9
Ahchouma (hahchouma)
honte
n.f.
étym./morph : arabe
infamie, honte
syn. : hach, tehon
ex. : si tu veux dire la honte, tu peux dire la tehon mais aussi ahchouma.
Arhnouch
Policier, flic
n.m.
étym./morph : arabe dialectal marocain ( a) serpent, b) flic)
syn. : bleu, chtar, colbock, condé, dèk, dékis, dular, keuf, etc.
ex. : les arhnouchs sont pas bien vus dans les técits ; on les aime pas
Bzazel(s)
Sein (s), poitrine de femme
n.m. (pl.) (généralement employé au pluriel)
étym./morph : arabe maghrébin, même sens
syn. : airbags, ananas, eins, poumons, etc.
ex. : chouffe les bzazels qu’elle a !
Casbah
maison
n.f.
étym./morph : arabe maghrébin, même sens
syn. : case, zonmai
ex. : on laisse les chiards à la casbah
Doura
tour, virée
n.f.
étym./morph : arabe maghrébin, promenade

ex. : on craillav d’abord, ensuite on fait une doura
Haram
péché
n.m.
étym./morph : arabe, même sens
ex. : c’est haram de passer de bras en bras
Heps
prison
n.f.
étym./morph : arabe, même sens
syn. : carpla, placard, zon, zonpri, zonzon
ex. : on a fini à la heps
Hralouf
porc
n.m.
étym./morph : de l’arabe
ex. : y’a qu’des dwichs à damer, en plus y’a du hralouf d’dans (pour manger il n’y a
que des sendwichs ; de plus, il sont au jambon)
Kif
mélange de tabac et de canabis
n.m.
étym./morph : arabe kiff, même sens
ex. : ...j’obtiens du kif en dosant du cannabis et du tabac
Maboul
digue, fou
adj.
étym./morph : adjectif argotique, de l’arabe
syn. : barge, chtarbé, cramé, déjanté, destroy, foncedé, foulek, etc.
87
ex. : y’a quoi d’venir maboul avec tous ces business autour d’nous
Mesquin
a) pauvre, minable, nul ; b) pauvre type
adj., n.m.
étym./morph : de l’arabe miskin « pauvre » ; introduit en ancien français par l’intermédiaire de l’italien meschino, pauvre, chétif. Le féminin miskinette est utilisé pour désigner une fille considérée comme nulle
syn. : réné
ex. : regarde ! Tout c’qu’on a c’est une « maison pour tous »...avec des stages de
poterie. C’est pas mesquine, ça !
Msrot
fou, dingue
adj.
étym./morph : arabe
syn. : barge, chtarbé, cramé, déjanté, destroy, foncedé, etc.
ex. : msrot ! msrot ! l’est vraiment fou !
Rhouan
dérober, voler
v.t.
étym./morph : arabe dialectal marocain
syn. : barber, bébar, chéfo, chourave, chourer, lévo, liav, péta, etc.
ex. : rhouan, c’est aussi voler, tout comme pécho, chofé et d’autres mots
Roloto
nul
adj., n.m.
étym./morph : arabe khlot, abandonné, indésirable
syn. : a) nase ; b) tache, tnah
ex. : enfin mon cousin Rachid il arrive à Paris, 100 % roloto
ce mec, c’(e)st un mec, que j’ai j’té en boîte, m’fin t’vois l’roloto !
88
Roumi, roum
français de souche
n.m.
étym./morph : arabe, homme européen
syn. : bab, babtou, blonblon, blondin, céanf, céfran, fesse d’aspirine, from, etc.
ex. : un roumi à la maison, non, ce n’est pas possible, monsieur. Pas pour une fille. Ça se fait pas. Comme dit Farid il y a la tradition
Shatan, shitan
diable
n.m.
étym./morph : arabe et arabe dialectal maghrébin, même sens
ex. : tu vends ton âme au shâtan et puis opte pour la tune
Soua
fille, femme
n.f.
étym./morph : arabe maghrébin, très bien
syn. : belette, bitch, caille, charnelle, dama, fébosse, feumeu, gavali, gazelle, go, etc.
ex. : c’te meuf, c’est une soua mortelle, j’la commais !
Toubab
français de souche
n.m.
étym./morph : arabe tebib, savant (arabe maghrébin algérien) ; ce terme était utilisé pendant la période coloniale par les autochtones de langue arabe pour désigner non seulement le médecin mais tout homme blanc européen ; c’est ce dernier sens qui est ici maintenu
syn. : bab, babtou, blonblon, céfran, from, roum, etc.
ex. : quand tu veux dire le Blanc, tu dis le çaifran ou le toubab ou le gaulois
89
Zetla
haschisch
n.m.
étym./morph : arabe dialectal maghrébin, tabac à priser, à chiquer et par extension,
drogue
syn. : hasch, chicha, chichon, shit, teush, teushi, tlaz
ex. : il s’est fait serrer par les keufs avec des retbas de zetla sur lui (il s’est fait arrêté
par les policiers avec du haschisch en barrettes sur lui)
Des formes verlanesques peuvent être formées à partir de mots arabes,
par exemple : barka – « prostituée » qui vient de l’arabe qāhbā (même sens).



11/08/2012
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