L\'Emir Abd el Kader

Algérie - France. Orchestre symphonique Divertimento, Zahia Ziouani : Camille Saint-Saëns, Louis Aubert, Idir

http://www.citedelamusiquelive.tv/Concert/0991990/10.html 

 

Prélude au Livre des haltes op. 31 (création mondiale)
Olivier Penard

 

Prélude au Livre des haltes

d’après les poèmes de l’Émir Abd El-Kader

 

La poésie de l’Émir Abd El-Kader s’inscrit dans le prolongement de sa pensée métaphysique ;

elle en est le généreux paradigme et frappe par sa puissance expressive. L’essentiel de son corpus

poétique précède d’ailleurs le fameux Livre des haltes , recueil de commentaires mystiques de versets coraniques et de traditions prophétiques. Une telle force ne peut que convoquer la musique et suggérer le chatoiement de l’orchestre. Evoquant ainsi les rivages sans mer, l’aube sans nuit, la traversée réelle ou imaginaire, ce prélude est composé dans un esprit de fête et d’allégresse où les mélismes d’un Szymanowski (Le chant du Muezzin amoureux ) croisent les motoriques lumineuses de Steve Reich et se mêlent aux noubas réinventées, véritables bacchanales d’outre-Méditerranée.Conçu comme un voyage au carrefour de multiples influences, cette ouverture est finalement rencontre entre deux cultures, moment suspendu de joie et de jubilation. « ...Je demeurai longtemps noyé dans leur amour ; me voici, sur leur océan, vaisseau véritable et marin. Quoi donc ? Qui a vu leur beauté un seul jour apparitions et soleil le laisseraient-ils insensible ? Les montagnes de La Mecque verraient-elles leurs visages, elles se prosterneraient, gémiraient et crieraient de désir.Les astres brillants qui se déplacent en un mouvement perpétuel les apercevraient-ils ?Ils demeureraient immobiles et ne paraîtraient plus pour disparaître à nouveau...

Olivier Penard

 

 ET

 

La chanson coloniale est une « drôle » de chanson, pas facile à défendre artistiquement car elle peut se révéler agressive, odieuse et inhumaine.La chanson coloniale, c’est une chanson de colons, bien souvent hostiles aux indigènes qui se retrouvent spoliés de leurs terres et de leurs droits.Il émane de ces chansons, lorsqu’on les interprète, comme un goût de « déchéance ». De 1830 à 1962, la France arbora son blason de la « Colonisation positive », avec la devise du Général Bugeaud, « Par l’épée et par la charrue » !

Les Algériens se devaient d’être gaulois et c’est par la « gauloiserie » de tout un patrimoine chansonnier que s’édifia également le culte de l’Algérie française. De surcroît, on offrit aux « barbares » nos belles valeurs issues de notre révolution de 1789. On les fit défiler sous notre grand drapeau « quand le drapeau est déployé, toute l’intelligence est dans la trompette »,nous dit Stefan Zweig, on leur offrit notre hymne de la liberté.

Et ils se devaient d’être Français sans avoir le droit des Français. Avec ce répertoire, nous avons choisi d’associer à notre tour de chant la musique des « indigènes », de ceux à qui l’on avait dérobé et leurs terres et leurs cultures. C’est autour del’image du grand et du sage Abd el-Kader (vaincu par le sinistre Bugeaud en 1847) que des musiciens algériens et français s’expriment et réfléchissent sur une page d’histoire commune,irréversible, douloureuse et qui a pour seule certitude ce fait indéniable que la « Colonisation positive » n’existe pas.Aurions-nous pu continuer à cohabiter dans cet état d’esprit désastreux ? En 1890, Maupassant dans ses souvenirs de la vie errante fait ce constant pitoyable de la colonisation de l’Algérie :« Tout ce que nous faisons semble un contresens, un défi à ce pays…c’est nous qui avons l’air de barbares au milieu de ces barbares ».

Arnaud Marzorati


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 



20/07/2013
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