L\'Emir Abd el Kader

L’Emir Abdelkader : Un homme d’Etat, un grand humaniste

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Conférence-débat hier au Centre de Presse de DK News de M. Kamal Bouchama, ancien Ministre, sur le séjour de l’Emir Abdelkader en Syrie et son action en faveur de la communauté chrétienne, victime de persécutions.

L’orateur, M. Kamal Bouchama ancien ambassadeur en Syrie a plaidé hier au Centre de Presse de DK News, un dossier qu’il maîtrise parfaitement, à travers le séjour de l’Emir Abdelkader en Syrie et son action en faveur des Chrétiens victimes de persécutions.

C’est une action à travers laquelle, le grand humaniste, le grand homme d’Etat que fut l’Emir en est sorti considérablement grandi auprès de l’opinion publique internationale de l’époque. Lui, considérait avoir tout simplement fait son devoir, celui de musulman.

Quand on lui posait la question sur cet acte de bravoure, le saint homme répondait inlassablement que c’était sa religion, l’Islam qui le lui commandait. C’était cette image que donnait l’Emir de l’Islam, religion qui prône la paix, la justice, la protection du plus faible, relève M. Kamal Bouchama.

L’orateur remonte la présence de citoyens syriens d’origine algérienne au 12e siècle. De grandes familles se sont alors installées dans ce pays du Shaâm. Cette présence s’est bien entendu renforcée au 19e siècle avec l’arrivée de l’Emir Abdelkader dans la région, les membres de sa famille et ses compagnons. Selon l’orateur, l’apport des Algériens a été particulièrement bénéfique à travers ce mouvement migratoire exceptionnel.

La communauté d’origine construisit de nombreux villages. Elle a eu des représentants au sein d’institutions politiques à des rangs particulièrement élevés dans la hiérarchie. Ce qui permet de qualifier cette présence de véritable épopée. L’invasion de notre pays par l’armée d’occupation française a été la cause d’une autre vague d’émigration. Beaucoup de familles refusaient à travers ce geste de cohabiter disaient-elles avec les infidèles.

L’arrivée de l’Emir devait constituer la troisième vague. L’ancien ministre en profite pour rappeler qu’en 1847, l’Emir arrête les hostilités estimant qu’il n’avait plus la capacité de poursuivre le combat contre l’envahisseur français. L’orateur s’élève contre l’affirmation de certains, qualifiant cet acte de traîtrise. L’Emir a été tout le contraire de cela, note M. Kamel Bouchama. Il fut un homme exceptionnel, d’une grande bravoure, un grand humaniste.

L’Emir a contribué pendant 17 ans à combattre un ennemi fort d’une armée sur équipée et déployant des centaines de soldats. Certaines tribus n’ont pas suivies. M. Kamal Bouchama revient sur les conditions de détention de l’Emir par l’administration coloniale. A Amboise, il a été loin de mener une vie de château, fait remarquer l’orateur. Il vivait même dans la précarité. L’Emir a pu surmonter toutes les épreuves avec beaucoup de dignité.

Sur la personnalité de l’Emir on retrouve beaucoup d’écrits, de la part de ses ennemis qui reconnaissaient sa noblesse, note M. Kamal Bouchama, de la part de grands écrivains comme Victor Hugo. L’arrivée de l’Emir à Damas après quelques haltes en cours de route fut considérée par la communauté d’origine algérienne, comme une bénédiction. Il était considéré comme un pater familias, note l’orateur. La grandeur du personnage est telle, son influence importante, tout cela a fait que ceux qui l’ont combattu, affirment qu’ils n’ont pas gagné la guerre contre lui.

Son installation en Syrie lui permet de participer à une renaissance spirituelle, réunifiant des écoles de pensée qui s’entredéchiraient. Il entreprit une nahda politique ensuite. Il a été, estime M. Bouchama, le leader de la révolution politique dans la conscience arabe. La nahda culturelle a tout logiquement suivi le mouvement ainsi enclenché. Il a fait appel pour cela à plusieurs penseurs et autres savants. L’Emir avait également un pouvoir de conciliation extraordianaire.

Sa sagesse lui permettait de dénouer des situations conflictuelles graves. C’est sur la question de la défense des chrétiens objet de persécutions que l’Emir a montré tout son génie fait de tolérance, du respect de l’autre et de ses convictions, affirmant qu’il n’a fait qu’exécuter ce que lui recommande l’Islam. L’orateur rappelle l’épisode sur lequel l’Emir a été l’objet de critiques, celle de la franc-maçonnerie. Tout cela pour dire que l’Emir n’a jamais fait partie de cet ordre.

Il voulait après que les responsables franc-maçon ont pris contact avec lui, utiliser cette tribune importante pour faire connaître le combat du peuple algérien contre la colonisation. Il a abandonné dès l’instant où il a compris qu’on cherchait à l’utiliser après l’avoir approché. Le Canal de Suez a été percé grâce à l’Emir Abdelkader qui avait réussi à convaincre le roi d’Arabie Saoudite de financer et immense projet>. Ferdinand de Lesseps n’a été recruté que pour l’exécution de celui-ci.

Dans le débat, il a été question des biens de l’Emir, savoir s’ils sont protégés en Syrie. M. Kamal Bouchama répond par la négative. L’orateur alors ambassadeur en Syrie rappelle qu’il a ramené à l’issue de sa mission de nombreux objets et symboles qui appartenaient à l’Emir, dont le fameux éventail. Tout cela a été remis aux autorités du pays.

M. Kamal Bouchama regrette que l’opération de remise se soit déroulée dans la plus grande discrétion alors qu’il s’agit de biens nationaux au caractère historique évident. M. Kamal Bouchama pense que ce qui se passe actuellement, c’est la recomposition de la région parce que les intérêts y sont importants pour l’occident.

Tahar Mohamed Al Anouar

 

 

 

 

 

Dimanche 7 Octobre 2012
 
         
             
 
     

 

 

 

 

 

 

 

 

 



07/10/2012
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